Réorganisation en profondeur
du réseau régional d’Air France
 
Une réflexion est engagée par le Groupe AIR FRANCE, sur le partage du réseau régional entre les deux compagnies BRIT AIR et REGIONAL.
Il est en effet envisagé que BRIT AIR repositionne son exploitation sur les plateformes de Lyon, Orly et Rennes, le reste des aéroports français (hors liaisons avec LYS, ORY et RNS) étant dévolu à REGIONAL.

L’objectif poursuivi par le Groupe AIR FRANCE serait de permettre aux compagnies filiales, de réaliser des économies d’échelle en concentrant leurs moyens respectifs sur leurs secteurs géographiques.

Le CE a voté dès hier une motion réclamant le recours à un expert pour éclaircir certaines de nos interrogations, car les répercussions d’une telle initiative, tant au niveau économique, qu’au niveau social risquent d’être considérables.

Cette répartition est-elle équilibrée ?

Notre PDG soutient qu’un tel découpage se ferait en respectant l’équilibre actuel des charges avions entre les deux compagnies filiales.

Cela est pourtant loin d’être évident, d’autant plus que le nombre de charges n’a aucune signification si on ne mesure pas son équivalence en SKO (pour Siège Kilomètre Offert) qui est l’unité marchande de référence pour une compagnie aérienne. Or, il semble que l’étape et le module moyens des lignes exploitées à CDG ou à Nantes soient bien plus importants qu’à Lyon, ce qui produit un nombre de SKO bien supérieur.
Serait-on en train de payer le choix de BRIT AIR sur le renouvellement de notre module 100 places et les incertitudes qui l’accompagnent ?

Le rôle stratégique de BRIT AIR au sein du Groupe AF est-il préservé ?

Il faut en effet considérer les avantages stratégiques des différentes plateformes.
Lyon a-t-il le même potentiel de développement que Nantes ?
L’abandon de CDG signifie que BRIT AIR se désengage de son rôle de « Feeder » qui est pourtant la principale raison d’être des compagnies filiales du Groupe AIR France.
Quel risque cela représente-t-il pour l’avenir de BRIT AIR ?

Que va devenir le personnel basé ?

Là encore, peu de réponses, car l’étude ne porte que sur la répartition des plateformes d’activités entre BRIT AIR et REGIONAL, et ne prend pas forcément en compte les différentes bases PN, considérant qu’il s’agit là d’un problème d’organisation interne qui doit trouver sa solution au travers des accords conventionnels propres à chaque compagnie.
Nous ne pourrions pas accepter qu’une réflexion sur la réorganisation du réseau ne porte que sur le seul aspect économique, sans apporter de réponses aux conséquences sociales dramatiques que cela peut engendrer.

Qu’il soit immédiat ou différé, l’impact de cette restructuration sur nos emplois, nos carrières et nos conditions de travail sera bien réel. Doit-il être nécessairement négatif ? Il est encore trop tôt pour répondre.

Dans un monde de l’aérien qui tend vers toujours plus de concentration, les décisions sont maintenant prises, non plus dans l’intérêt de la compagnie, mais dans l’intérêt supérieur du Groupe.
Cette réalité s’impose à tous, et s’il n’est pas dans notre propos de la contester, nous ne pourrions accepter qu’elle s’applique au détriment des salariés de BRIT AIR. Si tel était le cas, alors il appartiendrait au Groupe Air France, dans son ensemble, d’assumer cette problématique sociale.

Bon vols à tous,

Le bureau du SPAC BRIT AIR.