REPOS REDUITS : L’IMBROGLIO

 

 

Cher(e)s collègues,

Vous avez tous reçu dernièrement un courrier de la direction vous alertant une nouvelle fois sur la nécessité de trouver un accord sur les repos réduits.

La problématique maintes fois exposée est de trouver « une marge de réalisation » permettant d’assurer la ponctualité des rotations programmées avec un repos réduit de 9H00 bloc/bloc.

Une nouvelle fois, la direction tente un passage en force en proposant sous forme d’ultimatum, un texte qui remplace intégralement les accords existants sur les règles d’emploi PN.

Cette proposition a été rejetée par l’ensemble des Organisations syndicales PNT et PNC.

Contrairement à ce qu’elle essaye de vous faire croire, cet échec est de l’entière responsabilité de notre direction.

En effet, alors que la seule et vraie urgence est un accord sur les repos réduits, notre direction s’obstine à revoir entièrement la convention et refondre à son avantage le titre IV. Certes, l’accumulation d’avenants ne facilite pas la compréhension des textes conventionnels et une refonte globale devra être menée à terme. Mais ce n’est absolument pas la priorité du 16 juillet, et les différentes modifications subtilement disséminées dans ce texte n’ont fait que polluer le débat et bloquer toute avancée.

Car, et c’est le constat fait par l’ensemble des syndicats, la proposition de la direction va bien au-delà de l’objectif initial et permet un engagement accru de la population PN.

Inacceptable quand on voit que depuis 2006, nos accords permettent de faire régulièrement voler un PN au maximum de ses possibilités !

Enfin, pour maintenir la ponctualité des vols, la direction souhaite un système qui évite un recalage trop fréquent des vols en repos réduit. Il s’agit donc bien de demander aux PN de sacrifier une partie d’un temps de repos déjà réduit au profit de l’exploitation. Mais à cela, aucune contrepartie n’est proposée.

Ainsi, il semble que pour notre direction, la fin justifie les moyens. Pour parvenir à son objectif, peu importe que la modification de la valeur des TSV ne corresponde à une quelconque réalité de notre métier. Pour exemple, en quoi la préparation d’un courrier en escale serait fondamentalement différente d’un courrier au départ d’une escale BRITAIR ?

Il faut toujours avoir à l’esprit que l’utilisation des repos réduits sera minutieusement regardée par nos partenaires européens. Un accord incohérent ne manquerait pas de discréditer l’ensemble des professionnels français de l’aérien.

Dans de telles conditions, on peut craindre que l’Europe enterre définitivement toute possibilité de repos réduits.

Concernant la réserve, le Bureau a toujours demandé à la direction de se battre à ses côtés pour que le repos réduit sur base dans les conditions de l’escale soit toujours possible.

La direction s’y est opposée car elle a en tête un dispositif bien plus intéressant pour elle pour faire tourner la réserve chaude par du PN basé. Il s’agit de créer des blocs réserves soit du matin avec une arrivée quasi obligatoire du PN la veille sur son temps de repos, soit du soir avec un JD positionné le lendemain et qui peut ne rien rapporter au PN. Vous vous en doutez, là aussi, notre position est ferme et nous ne rentrerons pas dans un tel dispositif sans que des compensations soient clairement établies.

En conclusion, le Bureau du SPAC BRITAIR réaffirme son objectif au travers du mandat très clair que nous ont donné nos adhérents. Maintenir un système de repos réduit de qualité, garantissant 09hOO entre le bloc arrivée et le bloc départ en programmé et apportant par des solutions cohérentes et conformes au travail du PN, une souplesse de réalisation pour éviter les recalages et assurer à l’entreprise une fiabilité d’exploitation la plus raisonnable possible dans le respect de la fatigue du navigant.

Pour cela, nous allons réitérer à l’entreprise notre demande de réunir dans les plus brefs délais, l’ensemble des organisations professionnelles PN pour que ces dernières puissent mettre sur la table des négociations, un projet capable de remplir les objectifs énoncés plus haut, et qui soit équilibré en termes de compensations.

Le SPAC BRITAIR n’acceptera pas le rôle de bouc émissaire que cherche à faire jouer la direction aux syndicats PN.

Pour finir, ce ne sont pas les nouvelles découpes, sorties d’esprits où la volonté de punir à pris le pas sur la raison, où la colère a fait perdre toute clairvoyance, qui nous feront changer de cap.

Pour exemple, la direction justifie ces nouvelles découpes car elle ne veut pas assumer le risque d’exploitation pour les repos réduits à moins de 09h15 bloc-bloc à cause d’éventuels recalages mais n’hésite pas à faire des MEP tout azimut aux équipages avec les aléas réels que l’on connaît tous.

"La colère est mauvaise conseillère" (Sénèque, De Ira).

Cordialement,

Le Bureau du SPAC BRITAIR