Britair a abandonné le bateau.
Nous sommes redevenus une compagnie aérienne
après l’échec d’une tentative de métamorphose
Kafkaïenne vers le statut de compagnie maritime.
Que retiendrons nous de toutes ces années au large et
de tout cet argent jeté par les hublots ?
Que la direction a appris à faire les nœuds marins
mais manifestement pas à les défaire…
Et des nœuds, il y en a, il y en a !
Nous allons les passer en revue bien qu’une liste exhaustive
nous prendrait trop de temps.
Auparavant, allons faire un petit détour
par la commission paritaire qui s’est décidée
et tenue presque à la sauvette ce mardi 25 janvier.
Une commission paritaire qui, c’est devenu une pratique
courante, ne sert qu’à réparer les erreurs
et les coups de canif dans la convention ; la dernière
en date consistant en l’embauche d’un OPL (nous lui
souhaiterons au passage la bienvenue dans le monde merveilleux,
fraternel et désintéressé des pilotes de
ligne ; le pauvre n’y est pour rien) et son affectation
sur la base de Paris, en dehors des règles conventionnelles
et des usages en vigueur dans la compagnie.
En effet si la procédure avait été
respectée (et la DOV, selon ses propres dires applique
les textes jusqu’au bout, c’est juste dommage qu’elle
ne commence pas par le début) la compagnie aurait identifié
les besoins en effectifs, décidé de la base à
gréer en priorité puis y aurait affecté le
volontaire le plus haut placé sur la LCP. L’OPL embauché
prenait alors sa place, au poste laissé vacant.
Evidemment c’était trop simple et
trop juste pour une DOV qui en a profité pour faire du
rééquilibrage de base sauvage en tenant ce discours
:
- « Mince, alors, bah v’là
qu’on s’est trompé et qu’on a affecté
un nouveau là où ça nous arrange ! Mais
si vous êtes d’accord, les volontaires pour Paris,
on n’a qu’à les muter aussi et comme ça
tout le monde sera content. »
J’aurais pu les envoyer promener, c’est
d’ailleurs le choix qu’a fait un autre syndicat mais
c’eut été, de mon point de vue, commettre
une injustice de plus envers le PN qui aurait du rejoindre normalement
la base pour laquelle il était volontaire.
Le dilemme consistant en défendre en priorité, ou
les PN ou la convention j’ai choisi de répondre favorablement
à la demande de la DOV, presque à contre cœur.
Voila pour la mise en bouche.
Maintenant, trêve de plaisanterie, passons
à la franche rigolade.
Ceux qui ont déjà fait une raclette
avec un appareil électrique nécessitant l’emploi
d’une rallonge (les prises ne sont jamais au bon endroit
!..) vont comprendre tout de suite.
- « Chérie ! Ou as-tu mis
la rallonge ? »
- « Comme d’habitude dans la
boite au fond du panier derrière l’aspirateur à
droite dans le placard qui est sous l’escalier. »
Et là… horreur ! La rallonge en
question a pris l’allure d’un serpent maléfique
enroulé un million de fois sur lui-même et qui pousse
à se demander s’il est possible que la nature toute
seule, sans intervention magique, ait pu créer autant de
nœuds.Bilan : Une demi heure pour manger la raclette, une
après midi pour défaire les nœuds.
C’est à ça que ressemble
Britair depuis l’achat du CRJ1000 : Un inextricable sac
de nœuds.
Pour les défaire, une seule méthode,
les attaquer un par un :
- Le CRJ1000 est il un avion nouveau
? (Question SPAC).
Trouvez moi une question plus simple et je vous
paye une grille 85-125 places ! Vous en aviez déjà
vu un, vous, un CRJ1000 avant le jour où vous vous demandiez
pourquoi le pétrolier laissait traîner son tuyau
sur le tarmac et qu’on vous explique que le tuyau, c’était
un CRJ1000 ?
Et bien rien que ça c’est déjà un nœud.
Parce que, au sens conventionnel, un avion nouveau ça a
des conséquences, bonnes ou mauvaises, peu importe, ça
n’est pas neutre.
La DOV a donc réservé sa réponse en séance
pour finalement écrire : joker, « le Jugement
de la Cour d’Appel de Rennes a dit que la convention ne
s’applique pas pour le CRJ1000 ».
Ah bon ? Elle a vraiment dit ça, la Cour d’Appel?!...
- Les OPL ont été
rétrogradés du secteur 1000 sur le secteur 100/700
; Pourquoi cette sanction? (SNPL)
- Pas d’acte de carrière, pas
de promotion, pas de qualif’ de type (c’est une variante)
donc pas de sanction !
Mais alors, si ce n’est ni une promotion ni une qualif’
ni un acte de carrière, pourquoi ne fait on pas tous du
CRJ1000, alors ? (Là, c’est moi qui me pose la question)Jugement
de la cour d’appel de Rennes (il y a 2 secteurs) ?
Parce que certains devraient être payés plus chers,
peut-être ?
Mais alors si on gagne plus, c’est une promotion ? Et si
c’est une promotion il doit y avoir un appel d’offres.
Tiens, justement il y en a eu un mais il fallait être instructeur
pour avoir le droit d’y répondre. Pouvez-vous nous
donner la référence conventionnelle (question SPAC).
La DOV a l’outrecuidance (ou bien la stupidité au
choix) de répondre en citant ses sources :
II - 2.5. Postes à
pourvoir
« Afin de favoriser les promotions internes,
le PNT est informé par écrit individuellement
de toute vacance ou création de poste dans la fonction
instructeur ou de cadre PNT à la Compagnie. » |
Vous avez bien lu « PNT » comme moi
? Et pas PNT instructeur ?
De surcroît, quand l’UFPL s’étonne de
la présence de 6 CDB CRJ1000 sur la base de NTE (un de
trop) la DOV répond qu’il s’agit d’un
instructeur nommé après l’appel d’offre
!
Mais, bon, essayons d’y voir clair : De quoi dépend
la rémunération : du secteur ou du nombre de places
dans l’avion ?
En décembre la DOV répond au SNPL « du
nombre de place » puis ce mois ci elle répond
au SPAC (je cite) : Effectivement la rémunération
dépend du secteur d’affectation mais aussi du nombre
de places de l’avion (cf grille).
Même le chef de secteur 100/700, on ne
sait pas de quel secteur il est puisque il vole aussi sur le 1000.
On saura en fait qu’un chef de secteur, selon la direction,
n’appartient pas à un secteur (une nouveauté
de plus). Imaginez que le patron de chez Renault travaille dans
une concession Peugeot et roule en Fiat...
Maintenant, à vous de démêler
tout ça…
Impossible ! Me répondrez vous.
Impossible parce que pour défaire les nœuds de ce
fichu fil électrique il faut obligatoirement commencer
par un bout et pas par les deux à la fois. C'est-à-dire
qu’un jour ou l’autre il faudra lâcher l’un
des deux bouts sous peine de faire un nœud de plus : avec
vos bras !
C’est-à-dire, Mesdames et messieurs les dirigeants,
qu’il faudra choisir :
- Mono secteur, mono qualif = même
rémunération et même évolution de
carrière pour tous.
- Bi secteurs = appel d’offres, actes
de carrière et promotions.
C’est l’un ou c’est l’autre,
peu nous importe, mais pas les deux.
On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre même
s’il faut éponger les dépenses fastueuses
d’anciennes activité nautiques.
Cette position d’équilibriste est, à terme,
intenable. Rappelons au passage qu’il n’existe que
deux types d’équilibres : ceux qui sont stables,
ceux qui ne le sont pas.
Terminons sur une petite note légère
:
Tous les syndicats PN, je dis bien tous sans
exception, ont formulé des demandes concernant les dotations
d’uniformes et la campagne de renouvellement en cours.
Qui voulait un manteau, l’autre un couvre-chef, les filles
pouvoir choisir la hauteur des talons d’escarpins (hmm…)…
Tous sauf le SPAC, las d’avoir été la risée
quand il demandait une chapka. (Curieux comme l’idée
parait moins absurde, le matin, par moins 8…).
A toutes ces demandes, au demeurant légitimes et somme
toute pas si extravagantes, la réponse a été,
vous la connaissez c’est toujours la même : NON.
Et savez-vous pourquoi ?
Parce que les articles et les tissus sont commandés un
an à l’avance !
Un an avant la campagne de renouvellement.
Et comme le délai de livraison avoisine lui aussi un an
(on n’aura rien avant au mieux, septembre ou octobre prochain)
quand vous mettrez votre belle veste (droite !) toute neuve vous
réaliserez alors qu’elle a été commandée
voici presque deux ans.
Un peu plus et on recevait cette année
le serre-tête, les lunettes d’aviateur et la veste
en cuir, coupe « Costes et Bellonte », modèle
1930 !
Bons vols à tous !
Christophe Lébé,
Délégué du Personnel SPAC BRITAIR
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