Réunion DP du 26 janvier 2011
LE SAC DE NOEUDS

 

Britair a abandonné le bateau.

Nous sommes redevenus une compagnie aérienne après l’échec d’une tentative de métamorphose Kafkaïenne vers le statut de compagnie maritime.
Que retiendrons nous de toutes ces années au large et de tout cet argent jeté par les hublots ?
Que la direction a appris à faire les nœuds marins mais manifestement pas à les défaire…
Et des nœuds, il y en a, il y en a !
Nous allons les passer en revue bien qu’une liste exhaustive nous prendrait trop de temps.

Auparavant, allons faire un petit détour par la commission paritaire qui s’est décidée et tenue presque à la sauvette ce mardi 25 janvier.
Une commission paritaire qui, c’est devenu une pratique courante, ne sert qu’à réparer les erreurs et les coups de canif dans la convention ; la dernière en date consistant en l’embauche d’un OPL (nous lui souhaiterons au passage la bienvenue dans le monde merveilleux, fraternel et désintéressé des pilotes de ligne ; le pauvre n’y est pour rien) et son affectation sur la base de Paris, en dehors des règles conventionnelles et des usages en vigueur dans la compagnie.

En effet si la procédure avait été respectée (et la DOV, selon ses propres dires applique les textes jusqu’au bout, c’est juste dommage qu’elle ne commence pas par le début) la compagnie aurait identifié les besoins en effectifs, décidé de la base à gréer en priorité puis y aurait affecté le volontaire le plus haut placé sur la LCP. L’OPL embauché prenait alors sa place, au poste laissé vacant.

Evidemment c’était trop simple et trop juste pour une DOV qui en a profité pour faire du rééquilibrage de base sauvage en tenant ce discours :

- « Mince, alors, bah v’là qu’on s’est trompé et qu’on a affecté un nouveau là où ça nous arrange ! Mais si vous êtes d’accord, les volontaires pour Paris, on n’a qu’à les muter aussi et comme ça tout le monde sera content. »

J’aurais pu les envoyer promener, c’est d’ailleurs le choix qu’a fait un autre syndicat mais c’eut été, de mon point de vue, commettre une injustice de plus envers le PN qui aurait du rejoindre normalement la base pour laquelle il était volontaire.
Le dilemme consistant en défendre en priorité, ou les PN ou la convention j’ai choisi de répondre favorablement à la demande de la DOV, presque à contre cœur.

Voila pour la mise en bouche.

Maintenant, trêve de plaisanterie, passons à la franche rigolade.

Ceux qui ont déjà fait une raclette avec un appareil électrique nécessitant l’emploi d’une rallonge (les prises ne sont jamais au bon endroit !..) vont comprendre tout de suite.

- « Chérie ! Ou as-tu mis la rallonge ? »

- « Comme d’habitude dans la boite au fond du panier derrière l’aspirateur à droite dans le placard qui est sous l’escalier. »

Et là… horreur ! La rallonge en question a pris l’allure d’un serpent maléfique enroulé un million de fois sur lui-même et qui pousse à se demander s’il est possible que la nature toute seule, sans intervention magique, ait pu créer autant de nœuds.Bilan : Une demi heure pour manger la raclette, une après midi pour défaire les nœuds.

C’est à ça que ressemble Britair depuis l’achat du CRJ1000 : Un inextricable sac de nœuds.

Pour les défaire, une seule méthode, les attaquer un par un :

- Le CRJ1000 est il un avion nouveau ? (Question SPAC).

Trouvez moi une question plus simple et je vous paye une grille 85-125 places ! Vous en aviez déjà vu un, vous, un CRJ1000 avant le jour où vous vous demandiez pourquoi le pétrolier laissait traîner son tuyau sur le tarmac et qu’on vous explique que le tuyau, c’était un CRJ1000 ?
Et bien rien que ça c’est déjà un nœud. Parce que, au sens conventionnel, un avion nouveau ça a des conséquences, bonnes ou mauvaises, peu importe, ça n’est pas neutre.
La DOV a donc réservé sa réponse en séance pour finalement écrire : joker, « le Jugement de la Cour d’Appel de Rennes a dit que la convention ne s’applique pas pour le CRJ1000 ».
Ah bon ? Elle a vraiment dit ça, la Cour d’Appel?!...

- Les OPL ont été rétrogradés du secteur 1000 sur le secteur 100/700 ; Pourquoi cette sanction? (SNPL)

- Pas d’acte de carrière, pas de promotion, pas de qualif’ de type (c’est une variante) donc pas de sanction !
Mais alors, si ce n’est ni une promotion ni une qualif’ ni un acte de carrière, pourquoi ne fait on pas tous du CRJ1000, alors ? (Là, c’est moi qui me pose la question)Jugement de la cour d’appel de Rennes (il y a 2 secteurs) ?
Parce que certains devraient être payés plus chers, peut-être ?
Mais alors si on gagne plus, c’est une promotion ? Et si c’est une promotion il doit y avoir un appel d’offres. Tiens, justement il y en a eu un mais il fallait être instructeur pour avoir le droit d’y répondre. Pouvez-vous nous donner la référence conventionnelle (question SPAC). La DOV a l’outrecuidance (ou bien la stupidité au choix) de répondre en citant ses sources :

II - 2.5. Postes à pourvoir
« Afin de favoriser les promotions internes, le PNT est informé par écrit individuellement de toute vacance ou création de poste dans la fonction instructeur ou de cadre PNT à la Compagnie. »

Vous avez bien lu « PNT » comme moi ? Et pas PNT instructeur ?
De surcroît, quand l’UFPL s’étonne de la présence de 6 CDB CRJ1000 sur la base de NTE (un de trop) la DOV répond qu’il s’agit d’un instructeur nommé après l’appel d’offre !
Mais, bon, essayons d’y voir clair : De quoi dépend la rémunération : du secteur ou du nombre de places dans l’avion ?
En décembre la DOV répond au SNPL « du nombre de place » puis ce mois ci elle répond au SPAC (je cite) : Effectivement la rémunération dépend du secteur d’affectation mais aussi du nombre de places de l’avion (cf grille).

Même le chef de secteur 100/700, on ne sait pas de quel secteur il est puisque il vole aussi sur le 1000. On saura en fait qu’un chef de secteur, selon la direction, n’appartient pas à un secteur (une nouveauté de plus). Imaginez que le patron de chez Renault travaille dans une concession Peugeot et roule en Fiat...

Maintenant, à vous de démêler tout ça…

Impossible ! Me répondrez vous.
Impossible parce que pour défaire les nœuds de ce fichu fil électrique il faut obligatoirement commencer par un bout et pas par les deux à la fois. C'est-à-dire qu’un jour ou l’autre il faudra lâcher l’un des deux bouts sous peine de faire un nœud de plus : avec vos bras !
C’est-à-dire, Mesdames et messieurs les dirigeants, qu’il faudra choisir :

- Mono secteur, mono qualif = même rémunération et même évolution de carrière pour tous.
- Bi secteurs = appel d’offres, actes de carrière et promotions.

C’est l’un ou c’est l’autre, peu nous importe, mais pas les deux.
On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre même s’il faut éponger les dépenses fastueuses d’anciennes activité nautiques.
Cette position d’équilibriste est, à terme, intenable. Rappelons au passage qu’il n’existe que deux types d’équilibres : ceux qui sont stables, ceux qui ne le sont pas.

Terminons sur une petite note légère :

Tous les syndicats PN, je dis bien tous sans exception, ont formulé des demandes concernant les dotations d’uniformes et la campagne de renouvellement en cours.
Qui voulait un manteau, l’autre un couvre-chef, les filles pouvoir choisir la hauteur des talons d’escarpins (hmm…)…
Tous sauf le SPAC, las d’avoir été la risée quand il demandait une chapka. (Curieux comme l’idée parait moins absurde, le matin, par moins 8…).
A toutes ces demandes, au demeurant légitimes et somme toute pas si extravagantes, la réponse a été, vous la connaissez c’est toujours la même : NON.
Et savez-vous pourquoi ?
Parce que les articles et les tissus sont commandés un an à l’avance !
Un an avant la campagne de renouvellement.
Et comme le délai de livraison avoisine lui aussi un an (on n’aura rien avant au mieux, septembre ou octobre prochain) quand vous mettrez votre belle veste (droite !) toute neuve vous réaliserez alors qu’elle a été commandée voici presque deux ans.

Un peu plus et on recevait cette année le serre-tête, les lunettes d’aviateur et la veste en cuir, coupe « Costes et Bellonte », modèle 1930 !

Bons vols à tous !

Christophe Lébé,
Délégué du Personnel SPAC BRITAIR