La réunion DP du mercredi 7 avril 2010
ESPRIT ES-TU LA ?

 

Etait-ce un boycott général ? Une tentative visant à désamorcer les habituels autant qu’inévitables conflits avec certaines directions ? Ou bien une simple fuite ?

Peut-être toutes ces raisons à la fois ont-elles motivé la politique de la chaise vide pratiquée par l’ensemble des directeurs qui ont littéralement boudé cette réunion des DP à l’exception notable du chef PNC qui s’est déplacé afin de répondre aux questions concernant spécifiquement nos collègues personnels de cabine.

Les autres ont purement et simplement déserté, laissant la DRH en première ligne face aux organisations syndicales.

A vrai dire, d’ailleurs, seules les questions DRH, ou classées comme telles, ont été traitées en séance.

En tout cas il ne manquait plus que quelques chandelles, un verre et une table couverte de lettres, de chiffres ou de symboles ésotériques et l’on se serait cru à une véritable séance de spiritisme.
Car si la présence physique de la DOV a cruellement manqué, sa présence même immatérielle était presque palpable, son ombre n’ayant cessé de planer dans la salle, tant les sujets brûlants de l’actualité sociale la concernent directement et ce, même si le personnel sol subit aussi sa part de dysfonctionnements qui, s’ils ne sont pas évoqués ici ne doivent pas non plus être éclipsés des préoccupations générales.

Faisons donc tourner les tables, en commençant, par exemple, par celle de l’UFPL dont les DP s’interrogent sur les modalités de rémunération des instructeurs. Ces questions, ils les avaient déjà posées le mois dernier sans obtenir de réponse. Et pour cause… la direction est bien embêtée car elle ne sait pas comment elle pourra se dépatouiller du fait que la fonction instructeur donne droit à une prime et non pas à un changement de grille de salaire comme elle s’obstine à vouloir le faire.
D’autres questions UFPL, purement DOV, resteront sans réponse orale, une fois de plus, faute de temps pour les traiter et faute de directeur pour y répondre…

La table du SNPL revient à la charge également sur les sujets évoqués le mois dernier sans obtenir de réponse satisfaisante : les innombrables incohérences du passage forcé des PNT FK100 vers le CRJ700/900/1000 qui, rappelons-le, à défaut d’être une nouvelle QT mais un renouvellement de QT n’en reste pas moins, aux yeux de la direction, une formation qualifiante !!!
Cela génère donc un cortège de contradictions sur les amortissements, les rémunérations des stagiaires et les carences. Seuls, d’ailleurs ce dernier point a été formellement levé par la DRH : aucune carence ne sera appliquée aux PNT FK100 retransformés sur CRJ.
Les DP SNPL s’interrogent également sur les fonctions instructeurs dont les durées et le nombre de renouvellements dépassent parfois ceux prévus par la convention.
Ces élus ont bien évidemment droit eux aussi à tout un lot de questions joliment ignorées par la DOV.

Au SPAC, on s’interroge sur l’arbitrage en matière de DIF, sur le bien-fondé des navettes PN qui font la liaison entre BES et MXN au plan du bilan carbone général, sur la disparition des heures bloc des documents rédigés à bord et l’on aimerait bien qu’on nous parle du CRJ qui a été planté à la suite d’un contrôle par la DGAC à SXB. Comme évidemment tout cela est politiquement incorrect voire insolent on tente en face la manœuvre bien connue sous le nom de « ceci ne concerne pas les DP ».

Evidemment, les PN qui attendent de leurs élus des informations et des réponses à des questions qu’ils se posent au quotidien et dont ils se moquent évidemment de savoir si celles-ci sont prévues ou non par le code du travail préfèrent sans doute que la direction tiennent ce genre d’informations concernant leurs conditions de travail secrètes et leur communiquent plutôt le catalogue de la boutique Britair !
Nous faisons bien entendu également écho à nos collègues des syndicats évoqués plus haut, notamment au sujet des congés et du CET qui ont le point commun de voir les accords qui les régissent violemment piétinés par la direction.

La remarque de la DRH au sujet du CET et de l’accord congé est révélatrice : « Nous avons deux textes de la convention qui se télescopent… »
C’est sûr… quand il y a un feu tricolore à un carrefour, ce n’est pas seulement pour embêter les uns et favoriser les autres, c’est aussi et surtout pour fluidifier le trafic et prévenir les accidents.
Et la convention, c’est une sorte de feu au milieu du carrefour qui voit se croiser les impératifs de la direction avec la protection des salariés. Mais quand les premiers s’obstinent à vouloir passer absolument, même quand le feu est rouge, évidemment, au milieu… on se télescope !

Concluons cette séance de spiritisme par l’incantation traditionnelle :

« Dirigeants, êtes vous là !
Si vous nous entendez, frappez trois coups… mais pas sur la tête des salariés ils commencent à en avoir assez ! »

Le DP titulaire SPAC.