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Etait-ce un boycott général ? Une tentative
visant à désamorcer les habituels autant qu’inévitables
conflits avec certaines directions ? Ou bien une simple fuite ?
Peut-être toutes ces raisons à la fois
ont-elles motivé la politique de la chaise vide pratiquée
par l’ensemble des directeurs qui ont littéralement boudé
cette réunion des DP à l’exception notable du chef
PNC qui s’est déplacé afin de répondre aux
questions concernant spécifiquement nos collègues personnels
de cabine.
Les autres ont purement et simplement déserté,
laissant la DRH en première ligne face aux organisations syndicales.
A vrai dire, d’ailleurs, seules les questions
DRH, ou classées comme telles, ont été traitées
en séance.
En tout cas il ne manquait plus que quelques chandelles,
un verre et une table couverte de lettres, de chiffres ou de symboles
ésotériques et l’on se serait cru à une véritable
séance de spiritisme.
Car si la présence physique de la DOV a cruellement manqué,
sa présence même immatérielle était presque
palpable, son ombre n’ayant cessé de planer dans la salle,
tant les sujets brûlants de l’actualité sociale la
concernent directement et ce, même si le personnel sol subit aussi
sa part de dysfonctionnements qui, s’ils ne sont pas évoqués
ici ne doivent pas non plus être éclipsés des préoccupations
générales.
Faisons donc tourner les tables, en commençant,
par exemple, par celle de l’UFPL dont les DP s’interrogent
sur les modalités de rémunération des instructeurs.
Ces questions, ils les avaient déjà posées le mois
dernier sans obtenir de réponse. Et pour cause… la direction
est bien embêtée car elle ne sait pas comment elle pourra
se dépatouiller du fait que la fonction instructeur donne droit
à une prime et non pas à un changement de grille de salaire
comme elle s’obstine à vouloir le faire.
D’autres questions UFPL, purement DOV, resteront sans réponse
orale, une fois de plus, faute de temps pour les traiter et faute de
directeur pour y répondre…
La table du SNPL revient à la charge également
sur les sujets évoqués le mois dernier sans obtenir de
réponse satisfaisante : les innombrables incohérences
du passage forcé des PNT FK100 vers le CRJ700/900/1000 qui, rappelons-le,
à défaut d’être une nouvelle QT mais un renouvellement
de QT n’en reste pas moins, aux yeux de la direction, une formation
qualifiante !!!
Cela génère donc un cortège de contradictions sur
les amortissements, les rémunérations des stagiaires et
les carences. Seuls, d’ailleurs ce dernier point a été
formellement levé par la DRH : aucune carence ne sera appliquée
aux PNT FK100 retransformés sur CRJ.
Les DP SNPL s’interrogent également sur les fonctions instructeurs
dont les durées et le nombre de renouvellements dépassent
parfois ceux prévus par la convention.
Ces élus ont bien évidemment droit eux aussi à
tout un lot de questions joliment ignorées par la DOV.
Au SPAC, on s’interroge sur l’arbitrage
en matière de DIF, sur le bien-fondé des navettes PN qui
font la liaison entre BES et MXN au plan du bilan carbone général,
sur la disparition des heures bloc des documents rédigés
à bord et l’on aimerait bien qu’on nous parle du
CRJ qui a été planté à la suite d’un
contrôle par la DGAC à SXB. Comme évidemment tout
cela est politiquement incorrect voire insolent on tente en face la
manœuvre bien connue sous le nom de « ceci ne concerne
pas les DP ».
Evidemment, les PN qui attendent de leurs élus
des informations et des réponses à des questions qu’ils
se posent au quotidien et dont ils se moquent évidemment de savoir
si celles-ci sont prévues ou non par le code du travail préfèrent
sans doute que la direction tiennent ce genre d’informations concernant
leurs conditions de travail secrètes et leur communiquent plutôt
le catalogue de la boutique Britair !
Nous faisons bien entendu également écho à nos
collègues des syndicats évoqués plus haut, notamment
au sujet des congés et du CET qui ont le point commun de voir
les accords qui les régissent violemment piétinés
par la direction.
La remarque de la DRH au sujet du CET et de l’accord
congé est révélatrice : « Nous avons
deux textes de la convention qui se télescopent… »
C’est sûr… quand il y a un feu tricolore à
un carrefour, ce n’est pas seulement pour embêter les uns
et favoriser les autres, c’est aussi et surtout pour fluidifier
le trafic et prévenir les accidents.
Et la convention, c’est une sorte de feu au milieu du carrefour
qui voit se croiser les impératifs de la direction avec la protection
des salariés. Mais quand les premiers s’obstinent à
vouloir passer absolument, même quand le feu est rouge, évidemment,
au milieu… on se télescope !
Concluons cette séance de spiritisme par l’incantation
traditionnelle :
« Dirigeants, êtes vous là
!
Si vous nous entendez, frappez trois coups… mais pas sur la tête
des salariés ils commencent à en avoir assez ! »
Le DP titulaire SPAC.
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