La commission paritaire du mercredi 10 février 2010

"Le combat de coqs"

 

La question posée était la suivante :

- Qui est volontaire pour une augmentation d’activité ?

En clair, qui est à 0 et veut passer à +10 ou à +20, ou encore qui veut passer de +10 à +20 ?

Souvenez-vous, il s’agit de l’appel d’offre à volontariat du 10 décembre dernier et qui concerne l’année IATA 2010-2011.

C’est là que le bât blesse : cet appel d’offre ne respecte pas la convention (chapitre III-1 de l’accord du 18 janvier 2006, signé à l’époque par le SNPL et modifié par l’avenant du 9 juillet 2007) en ce sens qu’il aurait dû être émis avec un préavis de 12 mois et la commission paritaire se tenir au moins 6 mois avant le début de l’année IATA.

C'est-à-dire que tout cela se joue avec, en gros, 6 mois à un an de retard.

Donc, ça commence mal.

Mais ce n’est rien à côté de comment cela va finir.

Voilà comment une commission paritaire devrait, dans un monde normal, se dérouler :

Les deux parties, représentées par un nombre égal de participants (d’où le nom de paritaire) s’assoient autour d’une table. Ensuite, après un bref exposé de l’ordre du jour, chacun des points suivants est examiné, puis éventuellement discuté et débattu :

- L’appel d’offre est-il conforme ?

- La convention est-elle respectée ?

- Chaque demande est ensuite examinée en fonction des critères de recevabilité : textes conventionnels, ordre de priorités, LCP, carences éventuelles… etc.

A l’issue de ces débats, tout le monde devrait en principe tomber d’accord, faute de quoi on peut toujours procéder à un vote. La parité interdit à l’une des parties de l’emporter systématiquement sur l’autre ce qui, certes, alourdit la procédure mais oblige à la recherche d’un consensus.

C’est ça une commission paritaire avec des individus normaux.

Voilà, moi, à quoi j’ai assisté :

La direction s’est présentée à quatre tandis que nous, délégués du personnel étions cinq.

J’ai attendu toute la séance la venue de la personne manquante afin que l’on puisse commencer sereinement la commission mais elle n’a jamais daigné se présenter.

Le DOV a ouvert la parole :

- Bon, ben… Ca va aller vite vu qu’il n’y a aucun problème…

Aussitôt coupé par les délégués des syndicats représentatifs (représentatifs de quoi je me le demande) totalement opposés à ce que quiconque ayant demandé un surcroît d’activité obtienne satisfaction.

Et les voilà partis dans des tirades à rallonge sur la situation économique exceptionnelle de l’entreprise (peut-être sont-ils au courant d’un plan de sauvegarde de l’emploi ? Pas nous…), en appelant au « bon sens ». Ces délégués s’en prennent même aux postulants, trouvant scandaleux que des PN osent demander 10 ou 20 jours de plus alors que, parmi ces détracteurs, ils s’en trouvent qui appartiennent au syndicat même qui a participé à l’élaboration de l’accord dont il est question et qui sont volontaires pour une augmentation d'activité!

Et le DOV, bien sûr de rentrer dans leur jeu et de se battre comme un chiffonnier, sous l’œil écoeuré de votre serviteur.

Voici venu l’heure du bouquet final : la direction ramasse son dossier, se lève visiblement courroucée et tourne les talons.

Rideau !

De débat : point ; de vote : point.

Au lieu de cela une empoignade grotesque, pitoyable, lamentable, affligeante et totalement stérile entre, d’un côté de la table, une personne qui entend nous diriger à sa guise et de l’autre des gens qui prétendent nous défendre.

La commission paritaire a-t-elle seulement eu lieu ?

Et moi dans tout ça ?

Je n’ai rien dit. Strictement rien, pas un mot.

J’attendais que des gens intelligents et responsables me demandent mon avis.

Ils s’en fichaient comme de leur première chemise.

En revanche j’ai cru comprendre, lors du petit déjeuner qui a précédé la réunion qu’il aurait été souhaitable que les syndicats s’expriment d’une voix unique…

Bah voyons…

Parler d’une seule voix, oui.

Hurler comme une meute de loups, non.

Je vous souhaite de bons vols.

Le DP SPAC titulaire.