Les réunions DP des jeudi 1er et 10 octobre 2009

"Sans foi ni loi"

 

La « rentrée » syndicale, marquée tout d’abord par les élections professionnelles sur les résultats et les conséquences desquelles nous ne reviendrons pas, s’est poursuivie par la tenue, à deux semaines d’intervalle, de deux réunions DP qui semblent donner le ton du dialogue social instauré par la direction et qui caractérisera la nouvelle mandature.

S’il fallait choisir un mot pour le décrire ce serait : belliqueux !

Jugez plutôt :

On commence gentiment :

Question UGICT : La marge CDB est-elle applicable pour un PN qui rentre en MEP à l’issue de son courrier ?

Réponse Direction : Oui bien sûr !

Evidemment, c’est tellement plus pratique et moins coûteux ! Sauf que la marge CDB n’est pas prévue pour ça, et que la direction se moque comme d’une guigne de ce qu’il adviendra du pauvre CDB qui aurait commis l’imprudence de se prêter à ce jeu dangereux en y engageant sa responsabilité ; surtout en cas d’accident.

Nous vous invitons à refuser catégoriquement d’accorder la marge CDB dans pareil cas.

Question SNPL : La direction redistribue-t-elle les mois OFF accordés ?

Réponse : Non

Et un accord bafoué, un !

Question SPAC : Pourquoi l’autorité du CDB est-t-elle sans cesse et de plus en plus remise en question à Brit’Air ?

C’est ainsi que le DOV trouve tout à fait normal que ce soit le CCO qui décide quand il faut une navette, quand il n’en faut pas et même quand vous avez faim.
Mais Monsieur le DOV, l’autorité du CDB pour mener à bien sa mission en toute sécurité et y consacrer les moyens nécessaires est un droit énoncé dans le Code de l’Aviation Civile et c’est le devoir du CDB de mettre ce droit en œuvre.

Et une règlementation piétinée, une !

Une question UGICT soulève un problème sur le seuil de déclenchement des heures de nuit :

- A partir de quand, s’interroge-t-on ?
- 67 heures pour un PN non volontaire.
- Et pour un volontaire à +10, par exemple ?
- Heu… 69 heures !

Tiens, mais où cela est-il donc marqué ? Nulle part, bien sur, et surtout pas dans la convention ni l’accord de 2006. Mais évidemment chacun comprend que, puisque cela coûte moins cher c’est mieux ainsi. Tant pis si au final les volontaires travaillent plus pour gagner moins.

Un autre accord bafoué : et de deux !

A questions diverses, réponses joker : « pas du ressort des DP ». Car la DRH a décidé de marqué son nouveau territoire d’une empreinte de rigueur dans le respect du code du travail quant aux attributions et au domaine de compétence des Délégués du Personnel. En revanche elle ferme les yeux avec bienveillance sur ses propres irrégularités.

Un exemple : Le badge rouge que devrait posséder tout représentant du personnel au nom du droit d’accès à tous les locaux de l’entreprise, y compris donc, ceux situés en zone réservée. Toutes les organisations syndicales ont posé la question au moins une fois et ce depuis au moins un an et demi. Jusqu’à présent la DRH temporisait : « Ah oui… nous n’avions pas pensé à cela mais vous avez raison, nous allons y réfléchir » ; quelques mois plus tard : « oui, oui, c’est en cours, nous y travaillons », puis : « pas beaucoup de temps en ce moment mais ça va venir… » Jusqu’à aujourd’hui, enfin, une réponse claire :

- Nous avons réfléchi pendant un an et demi et nous sommes arrivés à la conclusion que vous n’avez qu’à demander à la gendarmerie un badge provisoire à la journée et ensuite, il vous suffit d’être accompagné par le titulaire d’un badge rouge !

La liberté de circuler, quand elle est conditionnée à une demande auprès des autorités et à la présence d’un accompagnateur officiel rappelle un peu celle prônée par quelques sombres régimes totalitaires… vous ne trouvez pas ?

Et un article du code du travail non respecté, un !

C’est quand même au passage ce que l’on appelle un délit d’entrave… (Oui, un délit, vous avez bien lu …)

Nous avons gardé le meilleur pour la fin, un sujet qui concerne tout le monde : Les congés !

Forte de son expérience réussie l’été dernier (à croire qu’il ne s’agissait que d’une sorte de répétition générale avant la grande offensive) la direction a remis ça au programme hiver avec encore plus d’ampleur, de force et de cynisme :

  • Elle impose des congés aux dates qui l’arrangent.
  • Elle solde pour vous les CP disponibles, vous refusant ainsi le droit, pourtant conventionnel, de demander vos congés à tout moment de la saison.Elle interdit donc de fait, aux PN qui le souhaitent, de placer des jours sur leur CET.
  • Elle supprime la possibilité de rendre un CP contre la journée de solidarité.
  • Enfin, elle vous retire la possibilité d’utiliser vos droits acquis au titre des CPX.

Bilan : 3 accords d’un coup, bafoués, piétinés et jetés violemment à la figure des PN et de leurs représentants syndicaux.

En guise de baume qu’il croit apaisant, le DRH annonce qu’il prévoit de « s’asseoir autour d’une table afin de revoir tous ses accords ».
- Ah bon ! Sont-ils donc dénoncés par la direction ?
- Non il faudra les revoir, un point c’est tout !

Chers sympathisants du SPAC, ne pleurons pas la perte de la capacité à négocier et signer des accords, de toute façon la direction ne les respecte pas ; elle préfère le passage en force et la guerre.

Félicitons nous également de n’avoir pas des voyous à la tête de l’entreprise.
Déplorons simplement qu’ils se conduisent comme tel.

Les DP SPAC vous souhaitent des vols paisibles.