La réunion DP du mercredi 16 décembre 2009
Les rois du bonneteau

 

On savait depuis la dernière fois que la direction s’essayait à brouiller les cartes, notamment en mélangeant les questions, de sorte que, par exemple, une question un peu embarrassante posée à la DOV se retrouve dans la liste de celles adressées à la DRH. C’est évidemment une bonne manière de feindre de ne pas les ignorer tout en évitant d’y répondre.
Force est de constater qu’à ce jeu d’adresse, la direction a fait des progrès notoires et, la confiance venant avec la pratique, elle a cette fois-ci étendu le concept à grande échelle ; aidée en cela par une autre trouvaille : la DRH a pour habitude de répondre « ceci ne relève pas des DP » à certaines questions embarrassantes mais, pour mieux effacer les traces de son forfait, elle a purement et simplement fait disparaître les questions elle-même sur le dernier compte rendu officiel.
Bien tenté !
C’est juste une entrave à l’action syndicale, une de plus, et gageons que face à la menace des syndicats unanimes elle ne réitèrera pas son exploit cette fois ci.

La difficulté quand on se risque au bonneteau est de s’embrouiller soi-même :

Quand l’UFPL, le SNPL et le SPAC s’inquiètent en cœur du sort de la convention papier réclamée à cors et à cris depuis près de deux ans et que les PN entrés dans la compagnie depuis 3 ans n’ont toujours pas en leur possession, la DRH répond que… ils en sont à la commande de l’imprimeur !
Ils vont curieusement beaucoup plus vite lorsqu’il s’agit de mettre en place des stages de qualification sur un modèle d’avion qui n’existe pour ainsi dire pas !

Dans le même esprit, le SNPL demande la mise à jour des grilles de rémunération au format A5. Une fois la réponse énoncée par la direction et bien qu’il s’agisse d’une simple information que, dans un passé pas si lointain on recevait pourtant systématiquement tous les ans, on a l’impression qu’en comparaison, récolter des échantillons sur le sol martien serait moins contraignant. La direction implore de nous contenter du A4 plié en lieu et place du format A5 qui semble hors de portée…

L’annuaire DOV, le CD contenant les textes conventionnels et les plannings collectifs destinés aux élus... tout ça aussi semble égaré dans le bazar ambiant, entre une dame de cœur qui se fait la malle, un roi de trèfle malade et des as de pique en pleine restructuration…

Tout cela génèrerait-il du stress ?
Intéressante question de la CFDT PNC qui s’interroge sur l’état du plan d’action face au stress au travail que Britair devrait mettre en place avant février 2010, comme l’exige le gouvernement.
Et hop ! Un coup à gauche, deux à droite, dessus, dessous… où est la dame ?
La CFDT en sera pour ses frais et ne récupèrera pas sa mise, la direction se moque du stress des salariés comme le bonneteur se moque des gendarmes. Après tout qu’est-ce que l’on risque ? Une simple amende ? Non, il n’y a pas de plan d’action de ce type à Britair. D’ailleurs, à quoi bon ?

En revanche, le plan d’action des petites arnaques, lui, bat son plein :

L’UGICT CGT PNC évoque celui des congés pour événements familiaux qui passent à la trappe dès lors que vous êtes déjà en CP à ce moment-là ; le SNPL met le doigt sur certaines IJ perçues par Britair mais non reversées aux salariés qui se trouvent en mois OFF ; le SPAC demande où sont passés les reliquats de RC d’avant août 2008 et à propos desquels la DOV aurait commis quelques « erreurs » (sic)…

Avant de conclure en soulignant que cette fois-ci, malgré le souhait de la direction de les voir sagement repartir chez eux à 16h30, les élus sont restés jusqu’à une heure assez tardive afin de traiter, une fois n’est pas coutume, l’ensemble des questions, évoquons un point assez fâcheux dont le SPAC fait l’objet :

Le paragraphe 1-3 du titre I de la convention prévoit la réunion d’une commission paritaire de conciliation en cas de différend sur l’application de la convention. Celle-ci doit réunir face à la direction l’ensemble des syndicats signataires.
Y compris donc, le SPAC.
Or récemment, par un nouveau tour de passe-passe dont elle a le secret, la direction y lit : « l’ensemble des syndicats représentatifs », excluant par là le SPAC et les 25% des PNT qui lui ont accordé leur suffrage.
Certes, l’affaire n’en restera pas là et fera du bruit que ne couvrira sûrement pas le silence complaisamment entretenu sur le sujet par d’autres syndicats PNT, ce qui nous rappelle que tout bon manipulateur de bonneteau doit avoir recours à des barons, des complices noyés dans l’assistance et dont la fonction est d’empêcher les joueurs de ramasser leurs gains.

Les DP SPAC vous souhaitent d’excellentes fêtes de fin d’année.