CE : Quoi de neuf ?

CE du 26 janvier 2010: « La spécialisation »

Le secrétaire ouvre la séance par l’appel des élus. L’effectif est au complet.

La séance peut commencer avec l’intervention du Président Marc Lamidey qui fait un exposé allant de l’état du transport aérien mondial jusqu’au pourquoi du projet de spécialisation :

La crise est mondiale, on entend parfois parler de sortie de crise, mais à Britair il n’y a aucun signe de reprise pour le moment.
Cette crise profonde qui touche le transport aérien mondial, et plus particulièrement le trafic affaire, n’épargne pas le groupe Air France KLM.
Dès octobre 2008 elle s’est fait ressentir à Britair.
Les pertes du dernier exercice IATA s’élèvent à 16 M€, et cette année, malgré de fortes réductions d’activités pour limiter son impact et un équilibre économique maintenu jusqu’en novembre, on prévoit malheureusement un résultat final de -11 M€ sur l’exercice IATA 2009/2010.
Cela mène à la conclusion qu’il est inenvisageable de continuer l’exploitation sous sa forme actuelle, sauf à remettre en cause l’avenir de la compagnie et de ses salariés.
La direction a donc imaginé des solutions et a exploré un modèle alternatif : « la spécialisation ».
Ce projet, qui permet de maintenir globalement le niveau de l’emploi, s’appuie sur nos forces (flotte bientôt homogène, escale de Lyon dont l’efficacité est reconnue) et consiste à concentrer l’activité autour des lignes régionales desservant uniquement les aéroports de Lyon Saint-Exupéry, Orly et Rennes.
Des gains sont attendus sur le dimensionnement de la flotte, une meilleure organisation de l’entretien en ligne, une meilleure gestion des aléas, une réduction des coûts liés à la non qualité, une plus grande souplesse de régulation et, après la mise en place de la restructuration des horaires du hub de Lyon, un gain majeur de productivité avion et PN.

C’est ensuite au Directeur Général Délégué, Alain Huberdeau de détailler le projet en lui-même, projet qui est articulé en deux temps, d’abord « la spécialisation » (échange de lignes avec Régional) et ensuite « la restructuration du hub de Lyon » (modifications des plages de correspondances) :

La spécialisation :

Britair prendrait la responsabilité économique (en franchise) de toutes les lignes actuellement opérées par Régional au départ de Lyon (sauf LYS-LRT qui est sous marché public subventionné jusqu’en 2013) y compris les 3 lignes affrétées par Air France.
Les découchés FCO et BCN seraient rajoutés.
MAD qui devait être supprimée serait maintenue en 2 fréquences.
CPH serait desservie en direct depuis LYS en une seule fréquence, associée à un CPH-SXB-CPH.
Sur SXB, ORY, RNS et BES il n’y aurait pas de changement de réseau.
Sur NTE et CDG l’ensemble des vols serait transféré à Régional.
A l’horizon octobre 2011, la flotte sera « tout CRJ » (10 CRJ1000, 15 CRJ700 et 13 CRJ100) et Britair exploiterait en moyens propres l’ensemble des lignes dont elle aurait la responsabilité économique à l’exception de celles justifiant d’un turbopropulseur et de 3 lignes justifiant d’un module de 37 sièges qui seraient opérées en ER3 de Régional.
Le calendrier de mise en œuvre commencerait en juin 2010 avec la prise en charge de la responsabilité économique, le transfert des moyens opérationnels s’étalant de septembre 2010 à septembre 2011.

Après avoir donné des estimations sur les gains économiques attendus il poursuit sur les effectifs :

Cela nécessiterait la délocalisation de certains emplois PN.
Au total 149 postes seraient ouverts :
• 122 sur LYS (35 CDB, 32 OPL, 17 CC et 38 HST)
• 27 sur RNS (5 CDB, 8 OPL, 11 CC et 3 HST)

La restructuration du hub de Lyon :

Il s’agirait de concentrer l’activité en retardant la plage de correspondance du matin d’environ 1h30 et en avançant celle du soir de 30 minutes.
Cela permettrait d’une part de repasser à 3 fréquences les lignes longues (> 1h20) avec découcher en bout de ligne grâce à des night stop plus longs, et d’autre part de passer à 4 fréquences les lignes courtes (< 1h20) avec découcher à Lyon, tout en gardant l’avantage de 3 plages de correspondances complètes.
Cela pourrait être mis en place avec une première montée en puissance où 4 lignes passeraient à 4 fréquences (BIQ, NCE, SXB, et MXP) et 4 lignes passeraient à 3 fréquences (FCO, BCN, MAD, PRG)
Mais ensuite LIL, PUF, CFR, BRU et ETZ pourraient également passer à 4 fréquences tandis que BHX et MUC augmenteraient à 3 fréquences.
Cela aurait un impact supplémentaire sur la localisation des emplois PN du fait de l’annulation des besoins sur l’escale de SXB.
Dans ce cas 168 postes seraient ouverts :
• 141 sur LYS (40 CDB, 36 OPL, 22 CC et 43 HST)
• 27 sur RNS (5 CDB, 8 OPL, 11 CC et 3 HST)

Aucune date de mise en œuvre n’est arrêtée à ce stade.

Après une interruption de séance et la pause déjeuner, le débat s’installe.
La présentation de ce matin n’a convaincue personne.
Le dossier manque d’éléments économiques précis et l’aspect social est absent.
Les élus, par la voix de leur secrétaire, listent d’abord une série de points nécessitant plus d’informations.
L’expert nommé par le CE n’ayant à ce jour pas reçu, de la part de la direction, l’ensemble des pièces nécessaires à l’analyse du projet, la commission économique n’a donc pas encore pu se réunir.
Les documents remis aux élus ne permettent pas d’analyser la réalité économique du projet, d’autant plus que le coût du volet social n’est ni évoqué ni chiffré.

Dans ces conditions l’avis demandé ne pourra être rendu mais le débat continue sur le volet social, préoccupation majeure de l’ensemble des élus.

Rappelons que le projet prévoit qu’un quart de la population PN serait contraint de déménager, 100% des Nantais, 40% des Brestois, 30% des Parisiens (et 100% des Strasbourgeois si la restructuration du hub de Lyon est mise en œuvre) or rien n’est précisé sur les modalités de mutation dans le cadre de ce projet, hormis l’utilisation stricte des règles conventionnelles.
A la demande des élus d’intégrer le volet social dans le projet, la Direction répond que tant qu’un avis ne sera pas rendu sur l’aspect économique, aucune négociation ne sera engagée sur les conséquences sociales du projet.
Les élus y voient là une forme de chantage !
La direction semble finalement accepter l’idée d’ouvrir des « consultations » avec les organisations professionnelles pour évoquer le volet social.

La séance est levée à 16h, le prochain CE est fixé au 11 février selon le calendrier normal.


Bruno REMUSAT, élu au CE BRIT AIR