En début de séance après
l’approbation du PV du CE de novembre, et bien que la direction
indique que le projet de spécialisation ne soit pas encore
finalisé à ce jour, le Président Lamidey
apporte des informations et précisions à son sujet
:
|
Dans un contexte de crise et de montée des low
costs, le projet de spécialisation permettra :
- Une réduction des coûts
et une meilleure qualité de service, en raison
d’une meilleure concentration des moyens.
- Des réactions plus rapides
et plus fortes face aux low costs et à Lufthansa
notamment à Lyon, grâce à un processus
de décisions simplifié.
C’est bien ORY, LYS et RNS qui deviendraient
le « pré carré » de Britair, laissant
CDG, NTE et SXB à Régional. La
mutation prévue est significative et nécessitera
la consultation préalable du CE qui devrait intervenir
début 2010. Elle comporte deux aspects qui se feraient
en deux temps :
- La responsabilité économique
des lignes, avec affrètements réciproques,
qui pourrait intervenir au plus tôt (objectif avril
2010)
- L’exploitation aérienne
avec les moyens propres de chacune des compagnies (avions
et équipages), qui interviendrait plus tard (objectif
septembre 2011).
A terme ce sont 5 charges à CDG
(4 affrètements et 1 franchise) et 4 charges transversales
(1 affrètement à NCE et 3 franchises à
NTE), soit un total de 9 charges, qui partiraient dans le
périmètre de Régional. En contrepartie
c’est 12 charges à LYS (10 franchises et 2
affrètements) qui rentreraient dans le périmètre
Britair. Pour permettre un équilibre en nombre de
charges, 3 EMB135 seraient affrétés à
Régional pour 2 ans.
Parallèlement, il est envisagé
une importante restructuration du hub de LYS, qui modifierait
profondément ses horaires, pour permettre une meilleure
utilisation des avions et des équipages. Plusieurs
hypothèses sont à l’étude avec
un objectif de mise en œuvre, si possible, dès
le programme hiver 2010/2011. Beaucoup d’espoirs sont
mis dans cette restructuration du hub.
En terme d’emplois, cette spécialisation
est prévue sans réduction d’activité,
donc sans impact sur les effectifs, mais avec une évolution
significative dans la localisation des emplois PN, qui n’interviendrait
pas avant septembre 2011, et qui se ferait selon les modalités
des conventions en vigueur.
L’organisation prévoit
également la possibilité d’échelons
de management de proximité sur LYS et ORY, qui restent
cependant à définir.
Dans l’hypothèse où
Régional déciderait de fermer son escale de
LYS, les personnels sols auraient la possibilité
de rejoindre Britair. |
Un long débat s’installe entre les
élus et la direction, qui se prolongera encore après
une pause déjeuner bien tardive…
Suite à des questions des élus,
le Président Lamidey répond que:
- A ce stade, aucun transfert de PN d’une
compagnie à l’autre n’a été
envisagé.
- Les échanges prévus ne sont
pas équilibrés en chiffre d’affaires, au
détriment de Britair (différence de 24M€
selon des sources de Régional). Mais il pense que l’amélioration
de la rentabilité du hub de Lyon devrait générer
un chiffre d’affaires plus important à terme.
- Le retard du CRJ1000 n’a pas d’impact
sur ce projet (un F100 a été prolongé).
Face aux inquiétudes des élus sur
la perte de l’activité « feeder sur CDG »,
Il répond que :
- Cela ne représente que 15% de notre
activité.
- Cela n’est pas la principale raison d’être
des filiales.
- Insiste sur le fait que ce projet, associé
à la restructuration du hub de LYS, est une véritable
opportunité qui va permettre à Britair de retrouver
son dynamisme et sa rentabilité.
- Il y a un vrai enjeu stratégique sur
Lyon, qui est une des régions d’Europe qui se développe
le plus vite.
Une partie de l’ordre du jour prévu
est ensuite déroulée rapidement avec les examens
des TSC (Tableaux de Suivi des Curseurs), un point sur la vie
de l’activité sociale et culturelle du CE, un bilan
de la convention Elan...
La fin de séance approche et une suspension
de séance est demandée pour permettre aux élus
dese mettre d’accord sur la réponse à apporter
à ce projet.
Un débat s’installe alors pour savoir
s’il faut simplement négocier avec la direction pour
pouvoir permettre à l’expert de travailler rapidement
sur le projet ou s’il est plus judicieux de déposer
un droit d’alerte. Une majorité d’élus
est favorable au droit d’alerte, et décision est
prise de parler d’une seule voix face à la direction.
Au retour de la Direction, la procédure
de droit d’alerte économique prévue par l’article
L. 2323-78 du Code du travail, est donc voté à l’unanimité.
Le Président Lamidey, déclare alors
qu’il comprend et qu’il trouve légitime que
nous ayons besoin de l’expert pour étudier le projet,
qu’il est prêt a lui donner toutes les informations
nécessaires et qu’il ne lui semble pas nécessaire
d’utiliser le droit d’alerte, mais que si on souhaite
passer par cette « procédure » de droit d’alerte,
alors il faut la respecter dans son intégralité
et la mettre à l’ordre du jour du prochain CE comme
cela est prévu par la loi.
Il précise cependant qu’il est favorable
à l’idée d’un CE extraordinaire en janvier
pour exposer le projet en présence de l’expert.
La séance est ensuite levée, les
points non traités de l’ordre du jour sont donc reportés
au prochain CE.
Les élus poursuivent la réunion
sans la direction et après de vifs débats, le principe
de la demande d’un CE extraordinaire est voté à
la majorité des élus et la date du 30 décembre
est proposée… Affaire à suivre.
L’ordre du jour sera unique… la validation
du droit d’alerte !
La bataille de procédures est lancée...
Bruno Rémusat, élu au CE
|